¡El argeltino (no) ha muerto. Viva el argeltino !

Non, je ne suis pas mort. Je change de peau. Pas vraiment comme un reptile, plutôt façon oiseau, une fois l’an. Je troque mon vieux plumage pour un autre. Et en même temps, je reviens sur des années incroyables, à tout point de vue. Jamais je n’aurais pensé rester vivre plus de six ans au même endroit, et quel endroit. La côte Atlantique de la Patagonie, à 2000 km de Buenos Aires ! El argeltino, certains d’entre vous le connaissent bien, c’est ce mec né en France, de parents Algériens, qui a absorbé la culture latine comme le Spontex© l’aurait fait avec une tache de café (colombien). Mais trêve de bavardage ; il est temps de dire merci :

  • Merci aux personnes formidables qui m’ont accueilli, mis à l’aise, fait en sorte que je m’épanouisse à vitesse grand V. Elles sont pas mal nombreuses, je ne peux pas toutes les citer ;
  • Merci aux routes argentines, si longues, droites et propices à la lecture, la musique, la réflexion. Merci au mate, catalyseur de dialogues ;
  • Merci à l’océan pour son air rempli de lucidité, à la terre rouge de Misiones pour avoir transmis la lumière sous mes semelles, à travers son sol, merci à la cordillère pour avoir remplacé le poids des doutes par celui d’un sac à dos, merci aux volcans et dunes de Catamarca de m’avoir révélé les secrets de la solitude ;
  • Merci au gars que j’étais il y a sept ans, d’avoir pris cette décision. Je lui dois une fière chandelle.

Comme je l’ai dit au départ, je change de peau. Il va y avoir un nouveau site internet, un nouveau projet, mais mes objectifs sont les mêmes qu’avant :

  • Transmettre des valeurs de partage, de diversité, mixité et tolérance, cette fois-ci à travers un long voyage
  • Apprendre à sourire au maximum, peu importe la naïveté ou le ridicule que cela entraîne ;
  • Essayer de voyager, d’être et de vivre le plus « léger possible ».

Si vous voulez vous tenir au courant des nouvelles chroniques d’oiseau migrateur, laissez un message. À la revoyure !

Bueno, no es que haya muerto. Voy a mudar de piel, no como un reptil sino a la manera de un ave, de esas que cambian de plumas una vez al año. Y así brevemente, quisiera comentar sobre una época increíble para mí, en varios aspectos. Nunca hubiese pensado quedarme tanto tiempo en el mismo lugar, y qué lugar. ¡La costa atlántica patagónica, a 2000 km de Buenos Aires! El argeltino, algunos lo conocen y saben quién es/soy: es ese tipo nacido en Francia, de padres argelinos (por alla en África) y que se hace el “argento” y absorbió mucho de las culturas del continente que lo alojo, como una esponja (y él no es ponja) lo hace con una mancha de café (colombiano). Pero vamos al grano, es tiempo de agradecer:

  • Gracias a todas las maravillosas personas que conocí, que me recibieron, hicieron que me sintiera tan bien, y que alcance un estado de « plenitud » tan rápidamente. Son muchas, no las voy a citar ahora ;
  • Gracias a las carreteras argentinas, tan largas, tan rectas y propicias para la lectura, la música, la reflexión. Gracias por los mates, catalizador de diálogos ;
  • Gracias al océano por su aire lleno de lucidez, a la tierra colorada de Misiones, por transmitir la luz bajo mis suelas, a través de su suelo; gracias a la cordillera por reemplazar en mis hombros el peso de las dudas por el de una mochila; gracias a los volcanes de Catamarca por revelarme las recetas de la soledad;
  • Gracias a ese tipo que era hace siete años atrás, por tomar esa decisión. Le debo mucho.

Como lo dije al principio, mudo de piel. Voy a tener una nueva página web, un proyecto nuevo, pero mis objetivos son los mismos:

  • Transmitir valores : el compartir, la diversidad y el mestizaje, la tolerancia, esta vez por medio de un largo viaje ;
  • (Seguir) aprendiendo a sonreír lo más que se pueda, no importa si parece ingenuo o ridículo;
  • Tratar de viajar, ser y estar “liviano” al máximo.

Si quieren mantenerse al tanto de mis nuevas aventuras de ave migratoria, dejen un mensaje, y los tomo en cuenta. ¡Adiós!

Hip hop + Lyon + ciel = …

Voilà un lien super rapide à partager pour voir Lyon depuis le ciel, filmée par un drone, sur une excellente musique et en s’émerveillant du hip hop de la compagnie Pockémon Crew. Hip hop, musique classique, modernité et tradition de la ville à travers le quartier de la Confluence et le vieux Lyon  : un beau mélange comme  je les aime. Plus d’infos sur le site du Crew mais je cite:

« Ce projet est aussi un véritable témoignage de l’évolution de la danse hip hop aux yeux des institutions. C’est un symbole fort, qui prouve que richesse culturelle et artistique, d’horizons différents, peuvent cohabiter, collaborer, et donner vie à ce projet à l’esthétique très développée. »

Le hip hop lyonnais vu du ciel

Ahí voy con una nota rápida, a compartir, para ver mi ciudad natal Lyon desde el cielo, filmada por un drone, con una banda de sonido excelente y mirando magia de la compañía de baile hip hop Pockemon Crew. Hip hop, música clásica, modernidad y tradición de la ciudad a través de su barrio Confluence y el « viejo Lyon »  : una hermosa mezcla, como me gusta. Cito desde la pagina web del Crew:

« Este proyecto es un verdadero testimonio de la evolución de la mirada que las instituciones públicas tienen sobre la danza hip hop. Es un símbolo fuerte, que demuestra que riquezas cultural y artística, de distintos horizontes, pueden coexistir, cooperar y dar vida a este proyecto estéticamente agradable. »

El hip hop de Lyon visto desde el cielo

Identités meurtrières / Identidades asesinas

Encore une fois, je me suis dit que je pourrais prendre le clavier, à défaut de plume, après d’horribles actes terroristes en France. De la même manière que je disais que je n’étais pas Charlie, mais plus que ça, je vais également affirmer que je ne suis pas seulement Paris, mais aussi Beyrouth, Bagdad, Tunis ou Bamako. Pas de hashtag, pas de « je sors en terrasse » ou de photos de Jawad. Le cœur n’y est pas trop. Je viens partager… un bouquin (acte de piraterie utile). Il y a quelques semaines, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire « Léon l’Africain » d’Amin Maalouf, et je l’ai terminé quasiment quand éclatèrent les incidents parisiens. Puis Ibrahim Maalouf, a publié un extrait des « identités meurtrières » du même Amin, qui est son oncle. J’ai alors décidé d’entamer la lecture de cet essai. 

Oui, c’est un essai. Pas aussi divertissant qu’un roman, mais infiniment puissant et qui résonne encore dans ma tête. Je ne copierai que quelques passages pour ne pas trop vous importuner, mais ça me ferait énormément plaisir que vous preniez quelques semaines ou mois pour le lire, et c’est la solution la plus constructive et utile que j’ai trouvée, à des dizaines de milliers de kilomètres de distances. D’avance merci.

« Parfois, lorsque j’ai fini d’expliquer, avec mille détails, pour quelles raisons précises je revendique pleinement l’ensemble de mes appartenances, quelqu’un s’approche de moi pour murmurer, la main sur mon épaule : « Vous avez eu raison de parler ainsi, mais au fin fond de vous-même, qu’est-ce que vous vous sentez ? »

Cette interrogation insistante m’a longtemps fait sourire. Aujourd’hui, je n’en souris plus. C’est qu’elle me semble révélatrice d’une vision des hommes fort répandue et, à mes yeux, dangereuse. Lorsqu’on me demande ce que je suis « au fin fond de moi-même », cela suppose qu’il y a, « au fin fond » de chacun, une seule appartenance qui compte, sa « vérité profonde » en quelque sorte, son « essence », déterminée une fois pour toutes à la naissance et qui ne changera plus ; comme si le reste, tout le reste – sa trajectoire d’homme libre, ses convictions acquises, ses préférences, sa sensibilité propre, ses affinités, sa vie, en somme –, ne comptait pour rien. Et lorsqu’on incite nos contemporains à « affirmer leur identité » comme on le fait si souvent aujourd’hui, ce qu’on leur dit par là c’est qu’ils doivent retrouver au fond d’eux-mêmes cette prétendue appartenance fondamentale, qui est souvent religieuse ou nationale ou raciale ou ethnique, et la brandir fièrement à la face des autres. »

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Una vez más, pensé tomar el teclado de nuevo, luego de actos terroristas terribles en Francia. De la misma manera que decía que no era Charlie, sino mucho más que eso, les voy a contar que no soy solamente París, sino Beirut, Bagdad, Túnez o Bamako. Ningún hashtag, no adhiero a la convocatoria « salgo a la terraza » y otras publicaciones como las humorísticas sobre Jawad. La verdad que no hay mucho animo para esto. Y ademas, vengo a compartir… un libro (piratería útil, lo vamos a llamar). Hace unas semanas, he leído con mucho gusto una tremenda novela, « León el Africano » de Amin Maalouf, y cuando ocurrieron los incendios en París, ya casi la había terminado. Luego, el músico Ibrahim Maalouf publicó un fragmento de las « identidades asesinas » del mismo Amin, su tío. Fue que decidí empezar a leer el ensayo.

Sí, es un ensayo. No es tan divertido como una novela atrapante, pero es increíblemente potente, y personalmente, resuena mucho en mis entrañas. Solo copiaré un par de fragmentos para no molestar mucho, pero me encantaría que se tomen unas semanas (o meses) para leerlo. Es la solución mas constructiva y útil que he encontrado, yo que estoy a mas de diez mil kilometros de distancia.  ¡Muchas gracias!

« En ocasiones, cuando he terminado de explicar con todo detalle las razones por las que reivindico plenamente todas mis pertenencias, alguien se me acerca para decirme en voz baja, poniéndome la mano en el hombro: « Es verdad lo que dices, pero en el fondo ?qué es lo que sientes? » Durante mucho tiempo esa insistente pregunta me hacía sonreír.

Ya no, pues me parece que revela una visión de los seres humanos que está muy extendida y que a mi juicio es peligrosa. Cuando me preguntan qué soy « en lo más hondo de mí mismo », están suponiendo que « en el fondo » de cada persona hay sólo una pertenencia que importe, su « verdad profunda » de alguna manera, su « esencia », que está determinada para siempre desde el nacimiento y que no se va a modificar nunca, como si lo demás, todo lo demás -su trayectoria de hombre libre, las convicciones que ha ido adquiriendo, sus preferencias, su sensibilidad perso nal, sus afinidades, su vida en suma-, no contara para nada. Y cuando a nuestros contemporáneos se los incita a que « afirmen su identidad », como se hace hoy tan a menudo, lo que se les está diciendo es que rescaten del fondo de sí mismos esa supuesta pertenencia fundamental, que suele ser la pertenencia a una religión, una nación, una raza o una etnia, y que la enarbolen con orgullo frente a los demás. »

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Souveraines / Soberanas.

« Si les occidentaux se battent encore pour la considération d’un statut pleinement égalitaire entre les hommes et les femmes, dans certaines cultures plus traditionnelles et isolées, la tendance semble plutôt à l’inversion : les femmes occupent une place centrale dans les fondements sociaux et spirituels, en préservant ou prônant l’égalité et l’équilibre entre les sexes. »

Si bien los occidentales siguen luchando para lograr que se observe una total igualdad entre mujeres y hombres, en algunas culturas, más tradicionales y aisladas, la tendencia está como invertida: las mujeres ocupan un lugar más central respecto de los cimentos sociales y espirituales, preservando o proponiendo la igualdad y el equilibrio entre géneros.

Souveraines de Pierre de Vallombreuse

J’ai rien inventé, tout cela vient d’un lien présentant une nouvelle exposition de Pierre de Vallombreuse, excellent photographe, dans laquelle l’image est associée aux textes de Tristan Savin. Pour en savoir plus, c’est en suivant ce lien. Le livre sort bientôt, si vous voulez me l’offrir, j’y vois aucun inconvénient !

Nada de esto es de mi autoría, lo saqué de una noticia sobre la nueva muestra fotográfica de Pierre de Vallombreuse, coterráneo mío y excelente artista, en la cual su ojo se asocia a los textos de Tristan Savin. ¡Están por publicar el libro, por si me lo quieren regalar! Por supuesto, ¡lo aceptaré con gusto!

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Los pies saben (2) – Lyon

« Los pies saben » es una trilogía sobre lugares: el donde nací, Lyon; uno donde viví, Barcelona; y uno que descubrí el año pasado, Fes, en Marruecos. Luego de Fes, hoy sigo con Lyon, mi lugar de origen. Lo que copio hoy es una mezcla de algo redactado en un taller de escritura, justo sobre mi ciudad, y algunos elementos actualizados. Algunos escriben con los ojos, otros con el corazón, unos con la voz. Yo escribo con el olfato porque soy narigón, y con los pies, porque los adoquines sobre mi suela, son como mi huella dactilar. Pero ¿qué saben los pies?

« Les pies le savent » est une sorte de trilogie pas aussi excitante que Star Wars mais qui traite de voyages, bien que non intergalactiques. Ensemble (ou tout seul, si vous m’accompagnez pas, bande de moules), on ira dans la ville où je suis né, Lyon; on ira aussi dans une ville où j’ai vécu, Barcelone; et puis dans une ville que j’ai découverte l’an dernier, Fès, au Maroc. Après Fès, voici venu le tour de Lyon, ma ville d’origine. Ces mots sont extraits d’un « devoir » rendu lors d’un atelier d’écriture. On peut écrire avec les yeux, avec le cœur, avec la voix. Je vais le faire avec l’odorat, vu que j’ai un gros nez, et avec les pieds, car les pavés sur mes semelles, c’est un peu mon empreinte digitale. Alors, ils savent quoi, les pieds?

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Cruzando el puente de la Guillotière, acabo de volar. A Túnez. No, a Senegal. O a Israel, Argelia, Marruecos! La plaza Dupont me abre sus brazos álamos, frente a la comisaria. Muchas cosas cambiaron, pero el lugar todavía transpira su identidad. Los niños no corren más en el medio de la plaza, ahora el hormigón frío yacen postes grises, alumbran la vida vacía de los peatones. Por suerte, están los puestitos de los vendedores: cierro los ojos y me dejo acunar por la menta nanah, el cilantro, la miel caliente y el tabaco. Me siento en un cajón de frutas, me gusta observar el desfile de las calles. Desde aquí, en la plaza, veo los muchachos tímidos pasar en coche. Inflan sus hombros con confianza virtual, por unos minutos. Las chicas gritan y las madres ríen. Los abuelos son silenciosos, regalan miradas cálidas y arrugas dóciles. Los padres y sus ojos severos esconden lo blando en ellos detrás de un bigote tupido, pero sus dientes inmaculados no mienten.

Je traverse le pont de la « Guille », la Guillotière; je vole. Direction la Tunisie. Non, le Sénégal. Ou Israël, l’Algérie, le Maroc ! La place Dupont m’ouvre ses bras-peupliers, face au commissariat. Beaucoup de choses ont changé, mais l’endroit transpire la même identité. Les gosses ne courent plus au beau milieu, sur le froid béton gisent des poteaux gris, ceux qui illuminent la vie des piétons. Heureusement, les vendeurs ambulants sont toujours là: je ferme les yeux et me laisse bercer par la menthe « nah nah », la coriandre, le miel et le tabac. Je m’assieds sur une cagette, j’observe le mouvement de la rue. Depuis la place, les timides jeunes hommes passent en voiture. Ils gonflent le torse et les épaules d’assurance virtuelle, pour quelques instants. Les filles crient et les mères rient. Les anciens restent silencieux, ils m’offrent de vrais chauds regards et leurs rides dociles. Les pères et leurs yeux sévères  cachent leurs sentiments derrière leur moustache fournie, mais leurs dents immaculées ne mentent pas.

Aquí están los lokum, los dulces harinosos. Qué placer volver a tener uno en mano, sentir sus asperidades, poner la lengua en el azúcar impalpable que en realidad es palpable. Muerdo el trozo de bombón, en mis dientes se queda algo del dulce verde. Manzana. Me ahogo en el jugo de las aceitunas, ¡cuantas hay! Verdes, negras, vacías o rellenas. Los baldes blancos son como piscinas sabrosas, como líquido relajante, se une lo amargo, lo picante, el romero y el ajo. Salgo y cruzo la avenida, ella también tiene nombre de militar. En el terraplén asimétrico no hay más plantas, han puesto unos baños públicos, armario gris que le roba vida al barrio. Llego a la plaza Guichard y ahí está la fuente, en el medio de las gradas amistosas. Las gradas de donde se baja y sube para saltar de la cima, como un Himalaya del vecindario. Cuantas rodillas dolidas, curitas mágicas y lágrimas felices han pasado por aquí…

Les voilà. Les loukoums. Les bonbons farineux. Quel plaisir d’en saisir un de nouveau, sentir les aspérités, poser la langue sur le sucre glace. C’est drôle, en espagnol, le sucre glace est appelé « impalpable », alors qu’il l’est parfaitement, même avec la langue. Je mords et garde un peu de bonbon vert. Pomme. Je me noie dans le jus des olives, il y en a tant ! Vertes, noires, farcies ou pas. Les blancs seaux sont des piscines savoureuses. Dans le liquide relaxant, l’amertume, l’épicé, le romarin et l’ail, se mélangent. Je sors et traverse l’avenue, celle au nom de militaire. Sur le terre-plein asymétrique, plus de plantes. À la place, des toilettes publiques, sorte d’armoire grise qui aspire la vie du quartier. J’arrive à la place Guichard et devant moi se dresse la fontaine, au milieu des gradins amicaux. Les gradins desquels on descend puis remonte pour ensuite sauter, comme depuis le sommet d’un Himalaya du quartier. Combien de genoux écorchés, de pansements magiques et de larmes de joie sont passés par ici…

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¿Has sentido alguna vez el pulso de una ciudad? ¿Sus latidos? ¿No? En Lyon, se puede captar cada “pu-pum” que hace su corazón. Su órgano vital está entre sus venas principales, dos ríos. Uno es la madre, el flujo grande, el tormentoso. La dueña de la vida. Paseo a lo largo del Ródano (Rhône), saludando cada puente. “Hola Gallieni”! “Buenas tardes, Université”! “Tanto tiempo, Wilson! Has cambiado.” Hago zigzags mirando la corriente de agua desde arriba, y luego subo a mi canoa, penetro la piel de la ciudad y navego. Partes lentas, otras rápidas, me dejo llevar. Y llego a la parada esperada. Lafayette! El general se convirtió también en un puente. Guardo el remo y el chaleco en algún rincón de la mente, subo las escaleras protegidas por moho epidérmico.

As-tu déjà senti le pouls d’une ville? Ses battements de cœur? Non? À Lyon, j’ai pu capter chaque « poum-poum » de son organe vital. Il est situé entre ses deux veines principales, deux fleuves. L’un est le fleuve-mère, le flux impétueux, le torrentiel, proprio de la vie elle-même. Je longe de Rhône, saluant chaque pont. « Salut, Gallieni ! » « Comment, va, Université? » « Ça fait une paie, Wilson ! Qu’est-ce que t’as changé. » Je zig-zague en observant le courant depuis là-haut, puis j’embarque sur mon canoé, je m’infiltre dans les pores de la ville et je navigue. Entre ses parties rapides ou plus lentes, je me laisse porter. Et je descends à l’arrêt attendu. Lafayette ! Le général s’est aussi converti en pont. Je range la rame et le gilet dans un recoin du cerveau et monte les escaliers protégés par la moisissure épidermique.

¡El hijo! La segunda arteria lionesa es el Saône, el pequeño. Chiquito pero libre, tortuoso, travieso. Caminando hacia sus meandros cruzo la parte encerrada entre los dos ríos, la Presqu’île. Cordeliers. La farmacia de la esquina, el olor a algodón de azúcar de un puestito inmortal. Veo los trolley-bus pasar una vez más. El conductor repite la tradicional maniobra; en esta calle tiene que usar el motor, las barras se sueltan de los cables eléctricos, y empieza el ronroneo del diesel. Es al revés de un vinilo: cuando se aleja el brazo del cable-disco, empieza el sonido.

Puis le fleuve-mère ! La seconde artère lyonnaise est la Saône. Petit mais libre, tortueux et, on le devine, espiègle. Je marche vers ses méandres, traverse la Presqu’île, prisonnière entre deux veines. Cordeliers. la pharmacie du coin, l’arôme de la barbe à papa d’un stand éternel. Encore une fois, les trolleys-bus. Le conducteur répète la manœuvre traditionnelle: dans cette rue, il utilise le moteur, les barres se détachent des câbles électriques, et le diesel ronronne. C’est l’inverse du son du vinyle :  lorsque le bras du câble-disque s’éloigne, la musique retentit.

El gato-bus se va, sigue su camino hacia las alturas de la ciudad. Y yo emprendo mi recorrido aleatorio. La tienda de ropa urbana está cerrada, se ve el arte callejero de su telón de acero. Un padre y su hijo pasan y le sacan fotos. Me reciben las bocinas, los camiones de recolección de la basura y las hordas de bicicletas rápidas y furiosas. Miro todas las bufandas pasar, arriba de las bicis. Las cintas de los estudiantes y los enamorados bailan alrededor de sus cuellos, se olvidan de los semáforos y de los insultos de los automovilistas.

Le bus-chat s’en va, suit son chemin jusqu’aux hauteurs de la ville. Et moi, je repars, aléatoire. Le magasin de « vêtements urbains » est fermée, on peut admirer le « street art » réalisé depuis des années sur la devanture, quand on ne l’appelait pas encore ainsi. Un père et son fils passent, se prennent en photo. Les klaxons me reçoivent, accompagnés des camions-poubelles et des hordes de vélos ambiance « fast et un peu furious ». Je suis témoin du défilé d’écharpes. Les bandes colorées des étudiants et des amoureux dansent autour de leurs cous, ils oublient les feux et les insultes des automobilistes.

Y luego, llego a destino, después de vadear el hijito. El Viejo-Lyon, templo de la gastronomía local. Me descalzo y siento los adoquines huecos, los intersticios llenos de agua sucia. Huelo el helado de pimiento morrón, el de pepino, la crema de mandarina. Camino por las sombras de las calles estrechas, abrigado por los balcones íntimos y las paredes color ladrillo. Desafío la catedral, miro la basílica, allá lejos en la loma de Fourvière, y me meto en una “traboule”. Las traboules son agujeros en el espacio-tiempo, uno entra y desaparece. Aprieto las mejillas en la pared, huelo el frio escondido en las sombras y lambo la superficie del pasillo angosto, sabe a madera lúdica pintada. Cada vez más estrecho, camino en el laberinto, luego salto, me acuclillo, y salgo a la luz.

En la esquina del museo de la miniatura, un niño juega con globos, un gato indolente me mira. Agarro una bicicleta, mi bufanda, y que me lleve el viento.

Et j’arrive à destination, après une ultime traversée de pont. Le Vieux-Lyon, la gastronomie locale en ébullition. Je me déchausse et je sens les pavés creux, les interstices pleins d’eau crade. Je flaire la glace au poivron rouge, au concombre, la crème à la mandarine. Je marche à travers l’ombre des rues étroites, couvert par les intimes balcons et les murs brique. Je défie la cathédrale, je toise la basilique, loin là-haut sur Fourvière, et entre dans une traboule. Les traboules sont comme des trous dans l’espace-temps, on y entre et on disparaît. Je presse les joues contre les murs, renifle le froid que contiennent les ombres et lèche la superficie du couloir. Ça a le goût de bois ludique peint… Je marche dans le labyrynthe, toujours plus étroit; puis je saute, je m’accroupis. Je suis dehors.

Au coin du musée du jouet, un garçon joue avec un des ballons, un chat nonchalant me regarde. Je chope un vélov’, mon écharpe, et que le vent m’emporte.

Lyon

Brèves de routard. Tres hojas de coca (poème THC)

Todos pensaron en la marihuana! Perversos drogadictos! Dejo algunas líneas (y tres hojas de ofrenda) dedicadas a las maravillosas montañas peruanas, en la sección de los « relatos en el camino »:

Tres hojas de coca para entregar

Tres hojas de coca para entregarse

Tres hojas de coca para aliviar el camino

Tres hojas de coca para callar, para expresar

Tres hojas de coca por los cambios sucedidos, sucediendo y por suceder

Tres hojas de coca para agradecer

Tres hojas de coca es poco, por recibir tanta energía

Tres hojas de coca para tres montañas

Apu Salkantay, Apu Pumacillo, Apu Machu Picchu

Bande de pervers drogués! THC = Tres Hojas de Coca. Voilà quelques vers (et quelques feuilles de coca en offrande) pour les montagnes péruviennes, stars de cette (très) brève de routard:

Trois feuilles de coca à livrer

Trois feuilles de coca pour se livrer

Trois feuilles de coca pour alléger son chemin

Trois feuilles de coca pour se taire, pour s’exprimer

Trois feuilles de coca pour les changements réalisés, ceux en cours et pour les futurs

Trois feuilles de coca pour remercier

Trois feuilles de coca c’est bien peu, cuand on reçoit autant d’énergie

Trois feuilles de coca pour trois montagnes

Apu Salkantay, Apu Pumacillo, Apu Machu Picchu.

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Sweet melodías. Alboroto y algarrobo en la casa de las poetas.

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Corren. Gritan, bailan. Suben y bajan escaleras, se ríen, se aíslan para hablar entre ellas de sus penas, toman té o café con leche juntas, desaparecen a sus habitaciones… Y escriben, dibujan. Podría estar hablando de mis cinco hermanas (uy) pero no. En una casa de un barrio verde y lejano del centro de Buenos Aires, existe un lugar donde niñas crean universos coloridos. Y como a mis hermanas, les cociné un budín para merendar.

Primero, juntamos los ingredientes: Sol, con la ayuda de Giu, se encargaba de las almendras y nueces partidas, ella que escribe sobre los corazones, enteros o rotos. Con Marina nos fuimos por el mediterráneo, nosotros que nacimos « ahí »: no teníamos dátiles, pero sí damascos, peras e higos secos, pasas de uvas directamente importadas de nuestros desiertos interiores o virtuales. Mirando la manteca desde otra dimensión, Magali la derretía, aportando calor escalofriante. Como heredero de la arena y del sol, preparo las harinas, la de algarroba, ingrediente principal, y la de trigo, para mezclar.

Hablando de trigo: donde está Yami y su cabello largo de espiga? Ah, otra vez se escapó a bailar. Acompañemosla:

Outlines – Just a Lil’ Lovin’

Bien, los pies satisfechos de su contacto con el suelo, sigamos. Dos dosis (o tazas) de harina de algarroba, una de blanca. Una cucharada de polvo de hornear. Tres cucharadas soperas de cacao amargo, para equiparar la dulzura del momento. El polvo marrón color piel de trigueño se mezcla con una dosis de azúcar, azúcar rubia. Aquí se mestiza la cocina: los rubios, los bronceados, todos estamos juntos. Todos hablamos el mismo lenguaje: el silencio. En el pozo, como agujero perforado en el mundo, echamos la manteca derretida (100g), líquida de recibir tantas sonrisas bajo el sol. Luego, dos huevos. Y finalmente, los frutos secos, en una fiesta de colores y olores, a voluntad.

Aunque ninguno de nosotros parezca caber en un molde, el budín sí se inserta, recibe la cocción del horno mientras se baila de nuevo en el patio interno. « Lucky boy », pienso en el momento, feliz de la dicha mía:

Outlines – Lucky Boy

Llega el momento de saborear el postre, rápido porque ya nos tenemos que ir. El humo del café penetra por los ojos, las narices, llega al cerebro y se imprime en la memoria. Las manos comparten el plato, al estilo árabe, picamos dentro del molde. Los dedos van y vienen. Miran a los ojos sonriendo de saciedad y complicidad. 

Hoy la casa se ve un poco mas vacía. Dos de las poetas ya no están, sus cuerpos se han ido. Pero sus presencias, sus palabras y sus ojos juguetones espían las escenas del cotidiano de las otras dos hermanas. Recordaré este momento breve pero importante, como el día que materializamos todo en un acto de amor culinario. Y sobre todo, porque gracias a su inspiraciones, aquellas hermanitas me han mostrado los « indicios » que buscaba para no « cansarme ».

José Gonzalez – Hints

 Así es la casa de las poetas.