Maures aux trousses (2ème partie)

Et me revoilà !

La xénophobie et le comportement des politiques

« Quoi, ça existe, même en France? » De la même façon que certaines personnes s’étonnent du racisme dans le football (qui existe depuis des lustres), il y a quelque chose de latent en France, et c’est pas nouveau. Ma petite sœur me disait récemment qu’elle notait des réactions hostiles, que ça changeait. Je dois avouer qu’au début je ne l’ai pas prise vraiment au sérieux, je pensais qu’elle exagérait un peu. Puis j’ai fini par tomber sur pas mal d’articles abondant en ce sens. Mais en fait, ce qui est vraiment nouveau, c’est cette propension qu’ont les dirigeants, les politiques, à adopter un discours qu’on avait au collège !

Lorsque j’avais… allez, disons 12-13 ans, on avait l’habitude de faire des blagues sur les Arabes, les Gitans, les Africains, les Belges, les Juifs, etc… Et c’était marrant. Mais qu’un élu se permette de le faire, et surtout de le communiquer au grand jour, c’est malsain.

Voici un premier magnifique exemple avec Josaine Plataret et son compte Facebook.

Vient ensuite le beau salut hitlérien d’Alexandre Gabriac, candidat FN aux cantonales. Rien d’intéressant à part la photo. Le FN ne vaut même pas la peine qu’on en parle, ce ne sont que des charognards qui profitent de la dérive des médias au sensationnalisme (ou qui le provoquent, lorsqu’ils s’ennuient) pour aller pêcher des voix.

Ce qui est plus inquiétant, c’est que la majorité gouvernementale le fasse. En 2002 lors des élections présidentielles, j’étais jeune et con, mais révolté du résultat, sans pour autant avoir analysé le contexte politique. En 2011, je suis toujours jeune (j’ai 16 ans) mais le cerveau a un peu plus fonctionné. Pour rien, peut-être, car rien n’a changé, on se prend toujours les pieds dans des débats inutiles, on mélange les immigrés, les banlieusards, les nord-africains, les musulmans (cf la belle boulette de Chazal et le jeune homme de « confession arabe » au JT)…

Une chose est sûre : la France est en train de récolter les fruits d’une politique mal menée, celle de parquer loin des épicentres culturels, sociaux ou économiques, des gens qui autrefois  sont venus d’Italie, puis du Portugal, du Maghreb et d’Afrique Noiwe –

– D’Afrique quoi? – D’Afrique Noiwe ! – Ah, d’Afrique Noire…

D’Afrique Noire, donc, contribuant au renouveau du pays. Le tort est partagé, il y a des gens qui ne cherchent pas à s’intégrer, mais sincèrement, ils sont pas autant qu’on le dit, et certains ont voulu s’intégrer mais ont été confrontés aux difficultés mentionnées plus haut (et après, c’est un cercle vicieux).

Malheureusement, ce n’est pas près de s’arrêter, et c’est un phénomène  répandu partout dans le monde, et cyclique, qui plus est.

Prenons l’exemple de l’Argentine : le pays a connu une vague très importante d’immigration, notamment d’Italie et d’Espagne, puis par la suite ou en moindres quantités Français, Polonais, Allemands, Gallois sont venus. L’immigré italien vivait de vente de fruits et légumes, travaillait dans les champs, et dur. Aujourd’hui, son petit-fils ou sa petite fille vit à Buenos Aires ou à Córdoba, possède des terres où il plante du soja à tout va, parce que ça rapporte, et adopte une attitude raciste envers l’immigré bolivien, péruvien, chinois, ou pire encore, envers l’argentin du nord-ouest du pays (l’indien)!

En Espagne, en 2008-2009, la crise économique a provoqué la colère des Espagnols vis-à-vis des immigrés Africains ou Maghrébins, sous le prétexte que ceux-ci leur « volaient leur travail ». Autant que je sache, ces mêmes immigrés faisaient le boulot « rejeté » par les Espagnols: le travail dans les serres d’Andalousie, les petites besognes dont personne ne veut…

Et aux États-Unis, pays jeune construit à partir de l’immigration anglo-saxonne (puis via l’esclavage et la venue de communautés latino, italienne et asiatique), l’an dernier on a aussi pu témoigner d’un relent de racisme en Arizona notamment, où des partisans républicains attendaient les Mexicains de pied ferme à la frontière.

Je vais m’arrêter là – désolé pour la longueur de l’article – et je vais terminer sur mon cas personnel : ma mère est partie d’Algérie à l’âge de 17 ans (et après la guerre, ça devait pas être facile), et mes sœurs et moi sommes nés ici, en France. Le résultat c’est que je suis Arabe et Français, je me la joue Argentin, et je continuerai à me comporter en éponge culturelle jusqu’à ce que je puisse plus rien absorber. Ce qui fait mon identité, ce n’est pas ce que quelqu’un ou ce qu’un groupe de personnes fait ou dit, ce sont mes actes à moi.

Et m*rde, faut aussi que je traduise ça en espagnol…

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