Virage à 180°?

Je viens de regarder 180° South, chose que je devais faire depuis l’an dernier, car une amie m’a récemment envoyé un article du New York Times concernant la polémique des barrages au Chili. J’en ai profité pour enfin voir le film, et j’ai pensé que ce serait bien d’en faire un billet sur le blog. Du visionnage et de l’article, je vais insister sur trois points qui semblent importants :

El titulo del articulo dice « curva a 180°? », entonces vamos por otro artículo « comprometido » : hace poco, miré la película 180° South, cuyos asuntos principales son el comportamiento humano ante la futura escasez de recursos naturales, el medio ambiente y mas específicamente las protestas en contra de las represas en proyecto en la Patagonia chilena. También una amiga me había mandado algunos días antes un artículo del New York Times (lo siento, es en inglés), sobre las mismas represas. De estos dos materiales, iré desarrollando tres puntos principales:

Okay, let’s have a debate. I could translate the title of the article as « U-turn? ». Why is that? A friend of mine sent me a couple of months ago, an article in the New York Times, dealing with Chilean dams controversy. And I’d been wanting to watch 180° South for quite a long time, that’s why I tried to kill two birds with one stone, and it allowed me to highlight three main points :

1. C’est pour quand, la fin du monde?

Dans le film, une référence est faite à Jared Diamond et son ouvrage Collapse – Effondrement en français. Diamond décrit les processus de disparition ou effondrement de civilisations connues, comme les Viking, l’île de Pâques Rapa Nui, les Mayas… mais il explique également comment certaines s’en sont sorties, comme le Japon médiéval de l’ère Tokugawa.

1. Y el fin del mundo, cuando va a ser?

La película hace referencia a Jared Diamond, biólogo e investigador estadounidense, autor de varios libros, entre lo cuales figura Collapse (Colapso en castellano). En este ensayo, Diamond describe las caídas de civilizaciones tan famosas como los Vikingos, los Mayas, Rapa Nui, conocida como la Isla de Pascua… Pero también cuenta sobre las que escaparon la extinción y se las arreglaron (muy) bien, como el Japón de los Tokugawa, en los siglos XVII a XIX.

1. So, when is the end of the world?

The film makes reference to Jared Diamond, American scientist (and super versatile) author of, among many other books, Collapse. In this one, Diamond describes how very well-known civilizations – as the Vikings, Rapa Nui, also called Easter Island or the Mayas – collapsed, but also in which way others, like Tokugawa-era Japan, could cope with their environmental problems and get better.

Ceci dit, quand on lit un essai, c’est bien de savoir ce que disent les opposants à une théorie, et les arguments qu’ils proposent. C’est pourquoi j’aimerais lire Questionning Collapse, parce que personne ne détient la vérité et c’est vachement difficile de se faire une idée de quelque chose.

Le film est bien entendu fortement orienté vers ce qui est la mouvance du moment : il milite pour le frein à la surconsommation, pour la préservation de l’environnement et critique le modèle de croissance actuel. Se servant du livre de Diamond, la conclusion simplifiée est : « on court droit à la catastrophe si on continue comme ça ». C’est peut-être vrai, mais ce n’est pas ce que dit Diamond. Lui conclut qu’on pourrait courir à la catastrophe, mais qu’il n’est pas trop tard et qu’on peut encore réparer nos erreurs. De plus, il indique une multitude de facteurs expliquant ces « effondrements », facteurs qui n’apparaissent pas dans 180° South. Malheureusement, dans un film ou un article, il faut faire passer des messages simples (voire simplistes) bien qu’incomplets ou hors de contexte.

Sin embargo, la opinión de Diamond no es la única a tener en cuenta. Siempre hay que leer observaciones e ideas opuestas, para hacerse su propia opinión. Y lamentablemente, la película no nos lo permite. Todo es muy blanco y negro y es una critica del modelo actual de desarrollo. La conclusión básica seria algo como : « vamos a nuestra ruina, a la catástrofe ». En cambio, Diamond no concluye eso, indica muchos  factores más de colapso y deja una puerta abierta, diciendo que se puede « mitigar » o restablecer la situación. Esto es lo que no me gusta de la mayoría de los documentales: no son completos, simplifican demasiado y por lo tanto, no son objetivos.

However, of course Diamond’s point of view isn’t the only one, and one has to read different positions to be sure not having a biased judgement. That’s why I’d like to read Questionning Collapse, to be able to make my mind about it.

Still, let’s go back to the film. It follows what is somehow the current « trend »: it militates against overcomsumption, stands for environment protection and criticizes the current economic growth model. However, using Diamond’s book, their basic conclusion is « we’re heading for disaster ». They might be right, but it’s NOT the opinion of J. Diamond. He concludes in his essay that we might indeed face a disaster, but also that we can fix this. He gives tons of parameters leading to collapse, and these factors don’t appear in the 180° south. Unfortunately, in a film like this one, or an article meant to reach lots and lots and lots of people, the main message is altered, here the message is incomplete or irrelevant, that’s what I don’t like in most of « committed » documentaries.

2. Conservación patagónica, y a une arnaque quelque part?

2. Conservación patagónica, habrá algún engaño?

2. Conservación patagónica, anyone said scam?

Certains d’entre vous le savent, la Patagonie, argentine comme chilienne, a été victime du « surpatûrage », qui a provoqué la désertification d’une terre déjà peu fertile. Actuellement, la Patagonie est exploitée pour ses réserves en combustibles fossiles (près d’où j’habite, il y a pas mal de pétrole) ou minières.

Algunos ya lo saben, el pastoreo intensivo en el siglo XX provoco una desertificación de las tierras patagónicas, tanto en Chile como Argentina. Hoy en día, se explotan en Patagonia, ademas de su alto potencial turístico, combustibles fósiles como carbón, gas y petroleo (cerca de donde vivo, hay muchos yacimientos).

Some of you already know that overgrazing in Patagonia triggered some kind of desertification, in a ground already little fertile. Currently, Patagonia is exploited for ressources like oil, gas or metal mines, besides the high touristic potential it has, and will have in the future. Close to where I live, there are large quantities of oil, or so they say.

En 2000, Kristine Tompkins, épouse de Douglas Tompkins, fonde Conservación Patagónica (blog), en français « préservation patagonne », une structure dont le but est protéger des terres du sud du Chili et de l’Argentine, et réintroduire certaines espèces dans leur milieu naturel. Ils ont eu la même démarche avec l’actuel Parc National Pumalin, au Chili, et en 2001, ils devinrent propriétaire de ce qui deviendra le Parc National Monte León, à environ 500 km au sud de chez moi, et que je prévois de visiter cette année.

El año 2000, Kristinne Tompkins funda, con su esposo Douglas, Conservación Patagonica, una asociación cuyo objetivo es la protección de zonas australes chilenas y argentinas, y la reintroducción de algunas especies en su entorno/ambiente natural. No es nada nuevo, ya lo hicieron con el Parque Nacional Pumalín en Chile, y cerca de donde vivo, el Parque Nacional Monte León, que voy a intentar visitar próximamente.

In 2000, Kristine Tompkins, Douglas Tompkins‘ spouse, creates Conservación Patagónica (here’s the blog website), which could be translated by « Patagonian preservation », a structure aiming at protecting territories in Southern Argentina and Chile, and reintroducing some animal species. They had the same approach with which is now the Pumalin National Park, in Chile, and in 2001, they purchased in Argentina what would become Monte León National Park, about 500km from home, that I plan on visiting this year.

Le « problème » de ces bienfaiteurs est qu’ils ne sont pas n’importe qui : madame est ex-PDG de Patagonia, monsieur a été président de North Face ou encore Esprit. L’argent gagné leur a permis d’acheter ces terres. Un comportement pareil suscite forcément des interrogations : est-ce par pur philanthropie, ou y a-t-il un intérêt économique/politique caché? Lorsqu’on observe Torres del Paine et ses concessions, ou ce qu’est en train de devenir El Chaltén, en Argentine, on peut se dire que oui. Mais on peut aussi avoir foi en eux, ce qui est mon cas. L’avenir le dira bien assez tôt.

Cet été (l’hiver de l’hémisphère nord), je compte voyager au Chili et passer par ces zones. Ce sera l’occasion de poser quelques questions et d’observer par moi-même…

Pero (siempre hay un pero, no?) estos filántropos no son cualquiera: se trata de los ex-dueños de las famosas marcas de ropa North Face, Esprit y Patagonia. Con sus « pequeños ahorros » (cada uno lo hace a su escala) compraron estas tierras, y obviamente, esto genera dudas y preguntas: habrá un interés económico, alguna concesión tipo Torres del Paine? Uno puede expresar su desconfianza y dudas, pero tengamos fe, ya de pronto se sabrá lo que se trama. Este verano, quiero viajar a Chile, y si puedo, preguntar a la gente, debatir, hasta tal vez pelear !

The « problem » is these people aren’t anybody: we’re talking about Patagonia former CEO (Mrs) and North Face or Esprit former owner (Mr); the money they earned allowed them to buy these lands. Of course (why, of course?), this kind of behaviour sparks off questions and doubts: is it sheer philanthropy, or is there any economical/political interest lying beyond this generosity? When one sees Torres del Paine and its concessions to expensive hotels, or watches El Chaltén in Argentina becoming more and more touristic, one might think it’s business indeed. But we also can have faith in those people, and so far, I do. Only time will tell. Next summer, I hope I can visit Chile, and I’ll try to ask questions to people there, even argueing and debating (why not?)!

3. Énergie versus développement

3. Energía y desarrollo

3. Energy versus development

Le film se clôt en ouvrant un débat. En effet, comme le dit l’article du NY Times plus haut, des complexes hydroélectriques sont prévus dans des zones à fort potentiel touristique, et plus que cela, des réserves naturelles magnifiques. Mais une éventuelle annulation de ces projets ne serait-elle pas également défavorable au Chili, qui importe une part importante de ses besoins en énergie? N’y a-t-il pas une manière d’implémenter des « micro centrales hydroélectriques » (je suis en train de lire sur le sujet) moins destructrices? Et le tourisme est-il vraiment moins nocif? Le Chili devrait également songer à diversifier sa matrice énergétique, le pays a de quoi passer à l’éolien, au solaire thermique…

La película termina abriéndose hacia un debate. El artículo del NYT menciona proyectos de represas y plantas hidroeléctricas, ubicados en zonas « altamente turísticas » (por supuesto, el turismo no puede perjudicar la naturaleza, es limpio). Sin embargo, cancelar todos estos proyectos no perjudicaría el abastecimiento energético de Chile, ya dependiente de sus importaciones de combustibles? Hay también « micro » centrales hidroeléctricas, menos invasivas y daniñas para el medio ambiente. Será tiempo que el pais (y que muchos paises en el mundo) piensen en diversificar su matriz energetica (Chile dispone de tremendos recursos eólicos y solares), para evitar problemas geopolíticos y ambientales… O no?

The film ends setting a debate. As the NY Times article mentionned, dam and hydroelectric plants are planned in highly touristic areas of Chile. And of course, tourism is clean, green, doesn’t do harm to anyone. Cancelling all these projects wouldn’t be detrimental to Chile’s fuel supply – for that matter, the country already imports a lot of fuel – in the future? I know there are some « micro » hydroelectric turbines and devices, whose environmental impact isn’t that high. Maybe it’s also time for this country (and many more worldwide) to think of diversifying its energy matrix (Chile can rely on other renewables ressources as wind and/or solar), to avoid geopolitcal and environmental problems… isn’t it?

This is only one topic in a debate more than ever newsworthy: how can we find the appropriate balance between an increasing energy demand, an increasing population and the available ressources? We’ll also have to take into account current and future energy geoplitics…

Voici deux liens vers les collectifs militant contre l’implantation de ces barrages : Sin Represas (sans barrages), et Patagonia sin represas.

Je terminerai avec une citation de Tompkins à la fin du film : « So what happens if you get to the cliff and you take one step forward, give a 180 degree turn and take one step forward. Which way are you going? Which is progress? » Face à une falaise, qu’est-ce qui se passe si on fait un pas en avant, ou alors si au contraire, on fait demi-tour (180°) puis un pas en avant? C’est un peu manichéen, mais bon, j’ai aimé cette image, ça pourrait susciter un débat !

Es una cuestión cada vez mas importante hoy en día: como encontrar el punto justo entre una demanda energética que sigue creciendo, un aumento de la población, un cambio de nuestros hábitos y la paulatina disminución de los recursos disponibles?

Aqui están los dos enlaces militando por la cancelación de los proyectos hidroeléctricos : Sin Represas y Patagonia sin represas.

Y voy a concluir con una frase de Tompkins, hacia el final de la película: « Estas al borde de un acantilado. Que pasa si haces un paso hacia adelante? Y que pasa si te das vuelta a 180 grados, y haces un paso adelante? Para donde es el progreso? » me gusta la imagen de estar en una « calle sin salida », y aunque el mundo no sea así, todo blanco o todo negro, quiero usar esta metáfora para abrir las discusiones!

Here are two links to projects in favour of dam cancellation : Sin represas (Without Dams) and Patagonia sin represas. And I’ll end on quoting Tompkins from the movie: « So what happens if you get to the cliff and you take one step forward, give a 180 degree turn and take one step forward. Which way are you going? Which is progress? » Seems a bit black & white, but I find it good to start a discussion!

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Une réflexion sur “Virage à 180°?

  1. Daminche last hours in İstanbul dit :

    A choisir entre tel ou tel type de developpement l aspect democratique du choıx est aussı prımordıal. Quel est ton poınt de vue la dessus en patagonıe ?

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