Rosa Asoma

Traduction : « la rose pointe le bout de son nez ». Ce matin, en Argentine, le quotidien Página 12 (orientation pro-gouvernement) observe la victoire de François Hollande, le faible écart avec son concurrent direct, le président sortant Nicolas Sarkozy, et note le score (très? trop?) élevé du Front National de Marine Le Pen. Le journal de souligner que « Sarkozy n’aura aucun scrupule à conquérir les votes de cette France qui voit en la xénophobie, la haine envers son prochain, l’immigration, la sécurité à outrance, le refus de l’Europe et le mépris des Français d’origine étrangère, une alternative politique ». Du côté de Clarín, même son de cloche, bien que le quotidien soit ultra anti-Kirchner. Les deux journaux observent en outre la déception du camp Mélenchon, qui attendait un meilleur résultat. Surtout, la presse ici met le doigt sur ce qu’est le FN, avec un vocabulaire approprié : xénophobe. La France est-elle en train de subir la même modification qu’a connu la Suisse, où un parti populiste de l’extrême a émergé de l’insatisfaction de la droite classique (comme l’UDC suisse)? D’ailleurs, le slogan de l’UDC est – je vous le donne en mille – « pour une Suisse forte ». À suivre…

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8 réflexions sur “Rosa Asoma

  1. Salut vous deux, et merci pour vos commentaires!!! En ce qui concerne l’Amérique du Sud et ses alternatives politiques, dans deux pays, le Brésil et l’Argentine, l’intervention de l’Etat est assez marquée (et ça je trouve ça bien). Ensuite il y a les deux cas particuliers de Cuba et du Vénézuela. Le reste, aucune idée. Le seul pays dont je peux plus ou moins parler, c’est évidemment l’Argentine. C’est difficile de se faire une idée et bien que prenant en compte le passé récent, savoir dans quelle direction va le pays est délicat, surtout en ayant des références françaises, au sein d’un pays plus développé. Bien sûr, l’Argentine se développe, croît, notamment parce qu’après la crise de 2001, elle ne pouvait pas tomber plus bas. Les mesures prises ces dernières années ont porté leurs fruits, mais attention au boomerang des subventions et autres aides sociales, qui n’ont pas été réduites petit à petit comme il aurait fallu, et du coup génèrent de la dépendance. On ne parle pas beaucoup d’environnement au sens efficacité énergétique, gestion des déchets ou émissions de CO2, mais plutôt vis-à-vis de la gestion des ressources naturelles. Et selon moi, le gros chantier actuel, c’est la position par rapport à l’exploitation des ressources naturelles, les mines (de métaux précieux) et les combustibles fossiles. La province où je vis est sans le sou, les employés ont du mal à toucher leur salaire, la mairie n’a toujours pas payé ses employés (on est fin avril), la faute à une gestion chaotique et à l’irresponsabilité des dirigeants (et où est passé cet argent ?). L’inflation est une plaie pour le pays, mais malgré tout ça, il progresse niveau santé, transports, et l’éducation est gratuite, comme en France. J’aimerais bien étudier de plus près tout cela, et aussi en savoir plus sur le Brésil, où les disparités doivent être frappantes. la suite, dans un petit moment 🙂

  2. Damien dit :

    Pardon pour ce commentaire un peu long
    C’est ça aussi le pb en politique c’est que ça prend du temps de discuter, et personne n’en a. D’ailleurs je vous laisse je suis à la bourre

  3. Alain dit :

    Loin de moi l’idée de mettre tout le monde dans le même sac, mais le score obtenu par J.-L. Mélenchon est tout aussi inquiétant que le score de M. Le Pen, car malgré leurs nettes différences, ils se retrouvent dans la haine de l’autre et la violence des propos qu’ils tiennent.
    On a vu depuis cinq ans une radicalisation insupportable de l’opinion publique, et ça ne choque plus personne que N. Sarkozy et F. Hollande appellent, tous les deux, les électeurs du Front National à voter pour eux (explicitement ou implicitement).
    Fut un temps, où les élections se gagnaient grâce à des convictions et des idéaux, pas grâce au report de voix des partis des extrêmes.

    • Damien dit :

      J’ai pas vu de conférence débat de Le Pen, mais pour celles de Mélenchon c’est franchement intéressant au delà de ses talents d’orateurs: on sent que c’est un projet construit par tout un groupe de personnes, avec un vrai fond, et une alternative franche à l’économie libérale. C’est un projet de société construit démocratiquement. Bon il a pas plu plus que ça, tant pis, mais ça parlait d’abord de leurs idées avant de cracher sur LePen et Sarko. A un discours il a dit « Attention, Hollande n’est pas notre ennemi, c’est notre concurrent ». C’est pas Le Pen qui dirait ça.
      Je suis d’accord avec toi ça me choque la drague des deux derniers candidats vers les votants extrême droite. Mais par contre je trouve que le projet front de gauche n’a rien d’extrême. Ou plutôt un extrême est forcément relatif à une « norme ». La norme, c’est PS ou Chiraquisme. Modéré, on ne change rien dans le fond, on propose pas d’évolution culturelle, on gère le temps, on laisse les forces de long terme prendre doucement le dessus. Si c’est ce que veulent les Français, tant mieux. Mais si on est triste de voir la société s’individualiser, être court-termiste et dilapider son capital culturel, social et naturel, alors jeter un coup d’oeil aux alternatives du bord de l’échiquier politique me semble du bon sens, c’est d’ailleurs leur vivier. Après on voit ce qu’ils proposent. Et je le redis, autant chez Le Pen c’est plus de flics et dehors les arabes, restons entre Français (comme si ça allait arranger les choses). Autant chez le Front de Gauche c’est non à une Europe LIBERALE, oui à l’ouverture entre les peuples, oui à une économie qui met du management à long terme et donc de la gestion des capitaux naturels et sociétaux. Alors forcément le mot qui convient dans le dico est « planification », et ça plaît pas. Forcément c’est prendre des risques et ça fait peur aux gens. Mais en Suède, planifier depuis 80 ans leur a permis d’anticiper la transition de leur économie traditionnelle (sylviculture) et l’organisation urbaine prévue longtemps à l’avance fait qu’il n’y a pas de ghetto. Et moi ce qui me fait peur, en tant qu’expert (junior) des enjeux environnementaux, c’est justement le business-as-usual.
      Comme tu dis, il fut un temps où les élections se gagnaient grâce à des convictions et des idéaux, et c’est peut-être le seul point positif du 1er tour, 11% d’idéalistes c’est pas si mal.

      • Alain dit :

        Il ne faut pas confondre idéaux et utopie, car dans la pratique, ça n’a jamais fonctionné.
        Et, d’aussi loin que je me souvienne, l’extrême gauche a gouverné jadis le plus grand État au monde, avec le résultat qu’on connaît.
        Les extrêmes excluent, stigmatisent, mais ne rassemblent pas, alors que c’est ce dont la société a le plus besoin après ces cinq années d’errance et de vide politique. Et le choix qui nous est proposé au second tour ne risque pas de changer les choses, malheureusement.

        • Damien dit :

          En effet le passé du communisme est lourd. Mais bon le présent du capitalisme, maintenant qu’il n’a plus d’ennemi, n’est pas très glorieux.
          Sinon le seul état au monde à avoir un gouvernement d’extrême gauche élu démocratiquement depuis 50 ans est le Kérala, en Inde. Et c’est le seul état où il y a plus de femmes, où l’espérance de vie dépasse 80 ans, ou le niveau de santé et d’éducation sont proches des nôtres. Bon après c’est un état très pauvre, le système parfait n’existe pas. En tout cas je dis respect aux habitants et à leur parti communiste local.
          Et pour le coup la Front de Gauche ne propose pas un retour aux Kholkoses hein, ils se sont un peu remis en question, les gauchistes, depuis Lénine 🙂

  4. Damien dit :

    Hier j’ai lu les commentaires des Front de Gauche (on a pas mal voté pour lui autour de moi):
    – y’en a plein qui disent qu’ils vont se barrer en amérique du sud, le seul continent où on peut sentir une vraie alternative politique (ne pas confondre avec alternance ump-ps) positive…
    – les électeurs du FN, on les connait pas. Ils sont pas autour de nous. On sait même pas où ils sont. Et c’est bien ça le problème… si on les connaissait et qu’on pouvait discuter avec eux, une bonne partie du corps ouvrier aurait peut-être voté Mélenchon. Who knows ?
    – Et bon à part ça Sarko va trouver dans les résultats une justification de son message haineux qu’il distille depuis 3 ans avec Guaino. Quelle horreur putain

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