Un pays « sans » / Un país « sin » (Veo Veo)

Abre las manos y se inyecta aire arcoiris en el pecho. Extiende los brazos y sus dedos recorren. Pisan arriba del agua turbia, se hunden en barro ruidoso, penetran burbujas de césped, raspan corteza de árboles-víboras. El antebrazo elástico crece, el codo ya no forma angulo, de los hombros tímidos salpican troncos flexibles. Abraza la tierra por todo su perímetro. Saluda en japonés, medita en coreano, besa en wolof, guiña en portugués. Y se da cuenta, al acariciar un cocodrilo travieso, al aspirar las estrellas en sus ojos, que por primera vez, abrió la puerta. ¿Pero cual? La suya, la propia. Él, eres tú, somos todos nosotros, soy yo. Entonces a través de la puerta-agujero en el pecho, mete la cabeza, y lo sigue la espuma ágil de los mares. Después de la cabeza los pies, arrastrando cráteres y lava. Luego las rodillas aceitadas y sus ligamentos-lianas, las piernas frágiles cubiertas de nieve y el muslo húmedo de barro. Y finalmente los brazos, envueltos en hojas gigantescas y los dedos-hongos. Y se dobla todo, entero. Arrastra todo, todos los países, pero también todos los seres. Todos los idiomas, suaves, dulces o salados, guturales y cantados, sutiles o ordinarios, reales y virtuales. Se lleva las miradas, los gestos y las intenciones, las mejillas rosadas y los rincones de vergüenza. Los amores y los odios. Todo. Ahora todo es parte de este nuevo país sin: sin nombre, sin nada, o con todo.

Bon, je dois quelques explications en français. Certains d’entre vous le savent déjà, depuis quelques mois, je suis un atelier d' »écriture créative« . Mais c’est quoi, hein? C’est écrire tous les jours, sans barrières, sans limites et sans contraintes. Ce sont des exercices pour méditer, pour prendre conscience, pour observer, pour connaître son corps et pour se connaître, aussi, et surtout. Du coup, dans ce contexte et après avoir rejoint un groupe de « dynamiques créatives », je me suis mis il y a peu au « Veo veo ». À la base, c’est un jeu de devinettes, populaire en Amérique Latine, dont les instructions sont simples:

– Je vois quelque chose (Veo veo)
Qu’est-ce que tu vois?
– Ça commence par un F
– Etc…

Ici, le veo veo, c’est décrire (et écrire) quelque chose. Parfois, il y a des instructions spécifiques, comme aujourd’hui. On doit décrire un pays sans nom, et à un moment du texte, utiliser la phrase « pour la première fois, il ouvrit la porte ». J’ai toujours eu envie d’essayer un jour en français. Pour aujourd’hui, ce sera une traduction, mais la prochaine, j’écrirai spontanément. Voilà mon veo veo (non, j’ai rien fumé, je vous le promets)

Il ouvre ses mains, et s’injecte de l’air arc-en-ciel en pleine poitrine. Il étend les bras et ses doigts parcourent. Ils marchent au-dessus d’eaux tourbes, s’enfoncent dans la boue bruyante, pénètrent des bulles de gazon, râpe l’écorce d’arbres-serpents. L’avant-bras élastique croît, le coude ne forme plus aucun angle, des timides épaules éclaboussent des troncs flexibles. Il ceinture la Terre sur tout son périmètre. Il salue en japonais, médite en coréen, embrasse en wolof, cligne des yeux en portugais. Et il se rend compte, lorsqu’il caresse un crocodile espiègle, lorsqu’il aspire les étoiles de ses yeux, que pour la première fois, il a ouvert la porte. Laquelle? La sienne, sa propre porte. Lui, c’est toi, c’est moi, c’est nous tous. Alors à travers la porte-trou de sa poitrine, il met la tête, chargée d’écume agile des mers. Ensuite, viennent les pieds, entraînant avec eux lave et cratères. Puis les genoux huilés et leurs ligaments-lianes, les jambes fragiles couvertes de neige et les cuisses humides de boue. Et finalement les bras, enrobés de feuilles vertes géantes, et leurs doigts fongiques. Il se plie tout entier et entre. Il arrache et entraîne tout, tous les pays du monde, et aussi tous les êtres. Toutes les langues, suaves, sucrées ou salées, douces ou râpeuses, gutturales et chantantes, subtiles ou vulgaires, réelles ou virtuelles. Il emporte les regards, les intentions, les joues roses et tous les coins de timidité. Les amours et les haines. Tout. Maintenant, tout fait partie de ce nouveau pays: un pays sans nom, sans rien, le pays du tout.

 Tribalistas – Já sei namorar

 « Eu sou de ninguém, eu sou de todo mundo e todo mundo é meu também »

America – A horse with no name

Para recorrer un país sin nombre, no hay mejor que un caballo anónimo.

Pour parcourir un pays sans nom, rien de mieux qu’un cheval anonyme.

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Foto: Bariloche, lago Nahuel Huapi

 

¡Hasta el próximo Veo Veo!

 ¿Qué es el veo, veo?
Es un juego que jugamos muchas veces cuando éramos chiquitos. Y ahora queremos seguir jugándolo. Es una excusa para conocer lugares de la mano de otros viajeros, contarnos historias, viajar aunque no tengamos  la oportunidad de hacerlo, conocer otros viajeros que andan dando vueltas por el mundo. ¿Querés jugar? ¡Veo veo! ¿Qué ves?

Si quieres  participar del desafío puedes enterarte un poco mas aquí.

Pueden leer más Veo Veo en los siguientes links:
Caminando por el globo, Rumbeando por ahí, Entre Lugas, Paper-Versos, Sweet Virginia, Facundo en el mundo, The irish luck, Titin round the world, Caminomundos, LatinAmericando, Mi vida en una mochila , Cruzar la puerta, Dale viaja, Las mil y una millas, The indie trendy, Con los pies por la tierra, Mi vida un libro

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