Identités meurtrières / Identidades asesinas

Encore une fois, je me suis dit que je pourrais prendre le clavier, à défaut de plume, après d’horribles actes terroristes en France. De la même manière que je disais que je n’étais pas Charlie, mais plus que ça, je vais également affirmer que je ne suis pas seulement Paris, mais aussi Beyrouth, Bagdad, Tunis ou Bamako. Pas de hashtag, pas de « je sors en terrasse » ou de photos de Jawad. Le cœur n’y est pas trop. Je viens partager… un bouquin (acte de piraterie utile). Il y a quelques semaines, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire « Léon l’Africain » d’Amin Maalouf, et je l’ai terminé quasiment quand éclatèrent les incidents parisiens. Puis Ibrahim Maalouf, a publié un extrait des « identités meurtrières » du même Amin, qui est son oncle. J’ai alors décidé d’entamer la lecture de cet essai. 

Oui, c’est un essai. Pas aussi divertissant qu’un roman, mais infiniment puissant et qui résonne encore dans ma tête. Je ne copierai que quelques passages pour ne pas trop vous importuner, mais ça me ferait énormément plaisir que vous preniez quelques semaines ou mois pour le lire, et c’est la solution la plus constructive et utile que j’ai trouvée, à des dizaines de milliers de kilomètres de distances. D’avance merci.

« Parfois, lorsque j’ai fini d’expliquer, avec mille détails, pour quelles raisons précises je revendique pleinement l’ensemble de mes appartenances, quelqu’un s’approche de moi pour murmurer, la main sur mon épaule : « Vous avez eu raison de parler ainsi, mais au fin fond de vous-même, qu’est-ce que vous vous sentez ? »

Cette interrogation insistante m’a longtemps fait sourire. Aujourd’hui, je n’en souris plus. C’est qu’elle me semble révélatrice d’une vision des hommes fort répandue et, à mes yeux, dangereuse. Lorsqu’on me demande ce que je suis « au fin fond de moi-même », cela suppose qu’il y a, « au fin fond » de chacun, une seule appartenance qui compte, sa « vérité profonde » en quelque sorte, son « essence », déterminée une fois pour toutes à la naissance et qui ne changera plus ; comme si le reste, tout le reste – sa trajectoire d’homme libre, ses convictions acquises, ses préférences, sa sensibilité propre, ses affinités, sa vie, en somme –, ne comptait pour rien. Et lorsqu’on incite nos contemporains à « affirmer leur identité » comme on le fait si souvent aujourd’hui, ce qu’on leur dit par là c’est qu’ils doivent retrouver au fond d’eux-mêmes cette prétendue appartenance fondamentale, qui est souvent religieuse ou nationale ou raciale ou ethnique, et la brandir fièrement à la face des autres. »

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Una vez más, pensé tomar el teclado de nuevo, luego de actos terroristas terribles en Francia. De la misma manera que decía que no era Charlie, sino mucho más que eso, les voy a contar que no soy solamente París, sino Beirut, Bagdad, Túnez o Bamako. Ningún hashtag, no adhiero a la convocatoria « salgo a la terraza » y otras publicaciones como las humorísticas sobre Jawad. La verdad que no hay mucho animo para esto. Y ademas, vengo a compartir… un libro (piratería útil, lo vamos a llamar). Hace unas semanas, he leído con mucho gusto una tremenda novela, « León el Africano » de Amin Maalouf, y cuando ocurrieron los incendios en París, ya casi la había terminado. Luego, el músico Ibrahim Maalouf publicó un fragmento de las « identidades asesinas » del mismo Amin, su tío. Fue que decidí empezar a leer el ensayo.

Sí, es un ensayo. No es tan divertido como una novela atrapante, pero es increíblemente potente, y personalmente, resuena mucho en mis entrañas. Solo copiaré un par de fragmentos para no molestar mucho, pero me encantaría que se tomen unas semanas (o meses) para leerlo. Es la solución mas constructiva y útil que he encontrado, yo que estoy a mas de diez mil kilometros de distancia.  ¡Muchas gracias!

« En ocasiones, cuando he terminado de explicar con todo detalle las razones por las que reivindico plenamente todas mis pertenencias, alguien se me acerca para decirme en voz baja, poniéndome la mano en el hombro: « Es verdad lo que dices, pero en el fondo ?qué es lo que sientes? » Durante mucho tiempo esa insistente pregunta me hacía sonreír.

Ya no, pues me parece que revela una visión de los seres humanos que está muy extendida y que a mi juicio es peligrosa. Cuando me preguntan qué soy « en lo más hondo de mí mismo », están suponiendo que « en el fondo » de cada persona hay sólo una pertenencia que importe, su « verdad profunda » de alguna manera, su « esencia », que está determinada para siempre desde el nacimiento y que no se va a modificar nunca, como si lo demás, todo lo demás -su trayectoria de hombre libre, las convicciones que ha ido adquiriendo, sus preferencias, su sensibilidad perso nal, sus afinidades, su vida en suma-, no contara para nada. Y cuando a nuestros contemporáneos se los incita a que « afirmen su identidad », como se hace hoy tan a menudo, lo que se les está diciendo es que rescaten del fondo de sí mismos esa supuesta pertenencia fundamental, que suele ser la pertenencia a una religión, una nación, una raza o una etnia, y que la enarbolen con orgullo frente a los demás. »

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